Exemple 2: l'Inde

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Comment le climat concerne les gens :
Exemple 2

En attendant la pluie
en Inde



Janvier 2003: La région d'Andhra Pradesh en Inde connaît la sécheresse pour la quatrième année de suite. "Nous étions habitués à compter sur la pluie" dit Middi Muthialappa, agriculteur.

Aidé de sa femme Sumkama et de ses quatre enfants, il fait pousser des cacahuètes. Ces quatre dernières années, la pluie a été complètement farfelue.
"L'an dernier toute la pluie est tombée d'un coup. Il y a eu des inondations, et tous les plants de cacahuètes ont fané".
Pour l'instant, personne ne sait si les agriculteurs vivant à Andhra Pradesh doivent maudir le réchauffement climatique, ou bien juste se plaindre de la météorologie capricieuse. Ce qu'on sait par contre, c'est que de telles pluies imprévisibles seront de plus en plus fréquentes à l'avenir dans certaines régions de l'Inde. Ceci est problématique pour les 680 millions de paysans indiens, car l'immense majorité n'a pas accès à l'irrigation (de l'eau transportée dans des canaux ou des tuyaux) pour arroser les récoltes; les agriculteurs dépendent seulement du bon vouloir de la pluie.

Des paysans pauvres
Nous sommes assis dans une maison en boue séchée -un matériau qui protège efficacement de la chaleur torride. Une ampoule au plafond diffuse une faible lumière. Certains villageois, qui ont de plus grosses fermes, peuvent posséder des vélos, des voitures ou la télé.
La famille Muthialappa n'a que 10 hectares de terre, ce qui équivaut à un terrain de football et demi. Avec ce que leur rapporte leurs cultures, ils ne peuvent pas économiser d'argent.

1. EN INDE: Des paysannes de la région d'Andhra Pradesh devant leur maison de boue séchée. Photo: Guro Aandahl

Les parents, Middi’s et Sumkama, n'ont jamais appris à lire et à écrire. Leur fils aîné de 15 ans a bien été à l'école, mais a dû arrêter avant le collège pour aider son père dans les champs. Leur fille de 13 ans, qui n'a jamais été à l'école, aide sa mère à la maison.
"Je dois faire la queue pendant plusieurs heures devant la pompe du village pour avoir de l'eau", dit-elle. "En été c'est la sécheresse et on doit attendre très longtemps".
Ses deux petits frère et soeur, de 11 et 8 ans, ont la chance d'aller à l'école. Mais après les cours, ils doivent aider à la maison. Le veiux père de Middi’s est malade et reste alité tout le temps.
"Il a besoin de médicaments et les enfants doivent manger", se désespère Sumkama. "Mais nous n'avons pas suffisamment d'argent".

La faim quand la pluie manque
Si la pluie se fait rare, la famille Muthialappa risque la famine. Ils récoltent habituellement 20 sacs de cacahuètes, en vendent 14 et gardent le reste pour les plantations futures. Avec l'argent, ils achètent de la nourriture et ce dont ils ont besoin pour vivre. Mais l'an dernier, ils n'ont récolté que 4 sacs.
"Ce n'est même pas suffisant pour les semences", nous raconte Middi.
Middi et Sumkama n'ont pas d'argent à la banque. Ils ont un petit potager, et une vache et un taureau. La vache leur procure du lait, et le taureau est nécessaire pour labourer la terre, c'est pourquoi Middi veut à tous prix éviter de les vendre. Mais la famille a besoin d'argent pour acheter de la nourritures, des semences, des engrais et des insecticides. Et lors des sécheresses, ce n'est pas facile de trouver de la nourriture pour le bétail.

Pendant la saison sèche, Middi, Sumkama, et leur fils aîné travaillent dans les fermes qui ont accès à l'irrigation et peuvent ainsi faire des plantations toute l'année. Le salaire est dérisoire: environ 20 à 25 roupies (0,4 euros) par jour pour Middi, et entre 15 et 20 roupies (0,3 euros) par jour pour Sumkama et son fils. Ce n'est vraiment pas beaucoup, même si le coût de la vie en Inde est plus faible qu'en Europe. Et ce n'est pas facile de trouver du travail, car la plupart des gens sont touchés par la sécheresse.
"Nous redoutons l'été prochain", raconte Middi. "Même pour la boire, l'eau est limitée, et nous ne sommes qu'en janvier. Je n'ose même pas penser à ce que cela sera en mai".

travailleurs indiens

2. CACAHUETES: Des travailleurs miséreux séparant les graines de cacahuètes du foin. Ces récoltes appartiennent aux plus riches propriétaires terriens, qui peuvent investir dans des machines (celle en bleu sur l'image) et avoir de l'irrigation (de l'eau amenée par des canaux et des tuyaux). Les paysans ne gagnent pas d'argent pour leur travail, mais auront le droit de se servir de la machine pour leur lopin de terre. Photo: Guro Aandahl (cliquez pour agrandir, 74 kB)



Le climat en Inde

L'Inde a un climat tropical et des moussons. La majeure partie de l'Inde n'a de la pluie que pendant la saison des pluies, qui se situe entre juin et septembre. Le reste de l'année est généralement sec.

3. Cette carte montre les zones sujettes à la sécheresse en Inde de nos jours. Les zones bleu-gris sont les endroits où il y a plus de pluie que d'eau évaporée par la chaleur, tandis que les zones marron et orangées sont celles où il y a plus d'évaporation que de précipitations. Plus la couleur est marron, plus la région est sèche (cliquez pour agrandir, 62 kB)

4. Cette carte montre les résultats d'un modèle climatique prévoyant les zones sujettes à la sécheresse, avec un climat plus chaud, dans 50 ans. Il y aura plus de régions qui subiront la sécheresse (cliquez pour agrandir, 63 kB)



La suite...




Auteur: Camilla Schreiner - CICERO (Center for International Climate and Environmental Research - Oslo) - Norvège. Relecteurs scientifiques: Andreas Tjernshaugen - CICERO (Center for International Climate and Environmental Research - Oslo) - Norvège- 20.01.2004 et Knut Alfsen - Statistics Norway - Norvège - 12.09.2003. Relecteur pédagogique: Nina Arnesen - Marienlyst school in Oslo - Norvège - 10.03.2004. Dernière version: 27.03.2004.

Ostatnia modyfikacja: piątek, 2 listopad 2018, 11:50